ALIMENTAIRE : LA TRACABILITE PASSE AVANT LES PRIX

Les derniers résultats de l’Observatoire du rapport des français à la qualité dans l’alimentaire, mené par l’ObSoCo en partenariat avec l’ANIA, la FCD et Intermarché montrent que la traçabilité et la composition des produits l’emportent aujourd’hui sur les prix.

 

La conjoncture économique morose de ces dernières années a favorisé la guerre des prix dans la distribution alimentaire. La déflation qu’ont connu les prix des produits de grande consommation a donné un coup de pouce au pouvoir d’achat des consommateurs, mais elle a aussi produit des effets délétères sur l’amont des filières et sur les marges des distributeurs. Pourtant, les consommateurs ne sont seulement à l’affut de prix bas. Selon l’Observatoire du rapport des Français à la qualité des produits alimentaires de l’ObSoCo, ils sont 82 % à déclarer, par rapport à il y cinq ans, faire plus attention à la qualité des produits alimentaires qu’ils achètent. À 59 %, ils affirment privilégier la qualité quitte à payer plus cher. Si 40 % des Français interrogés disent devoir s’imposer des restrictions sur leurs dépenses alimentaires, ce n’est qu’en dernière instance (notamment pour les plus modestes) qu’ils se résignent à rogner sur la qualité de leur alimentaire.

 

Si les consommateurs portent un jugement plutôt positif sur la qualité des produits qu’ils achètent, ils pointent des voies d’amélioration en particulier sur la sécurité alimentaire et sur la qualité environnementale et sociétale des produits. Si cette demande de qualité ne se traduit pas toujours dans les actes d’achat, c’est souvent par défaut d’information sur la qualité des produits et par l’absence d’assurance qu’en payant plus cher on accède à coup sûr à de meilleurs produits. Travailler la qualité des produits dans toutes ses dimensions, la signaler de manière crédible aux consommateurs est une manière pour les filières agro-alimentaires et la distribution de sortir par le haut de la guerre des prix, en s’engageant résolument dans la voie d’une « bonne consommation ». A défaut, les consommateurs pourraient accélérer le mouvement actuel d’engagement vers les circuits alternatifs (bios, direct-producteurs…).

 

« Les consommateurs ne perçoivent pas les efforts faits sur la qualité et les services. Il y a un fossé entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. Mais il nous appartient de travailler encore sur ces items pour que les français comprennent nos réalisations », selon Jean-Philippe Girard, président de l’ANIA (Interview LSA 16 juin 2016).

 

Cet Observatoire du rapport des Français à la qualité dans l’alimentaire mené par Obosco avec  l’ANIA s’inscrit dans la démarche de cette dernière d’aider les industries agro-alimentaires à mieux répondre aux attentes des consommateurs.  « Le  nouveau pacte alimentaire » lancé le 10 mai dernier par l’ANIA en constitue une étape.